Patrick Corneau

Patrick aime beaucoup !On ne devrait jamais enterrer trop vite les écrivains : certains continuent de marcher derrière nous, de respirer dans notre nuque, de ricaner dans l’ombre dès qu’on les croit rangés sous leur étiquette scolaire. Joris-Karl Huysmans appartient à cette cohorte insistante, et Agnès Michaux, dans Huysmans vivant, se fait la meilleure des complices en lui rouvrant la porte du présent. Son livre n’est pas une biographie de plus mais un rappel à l’ordre : Huysmans n’est pas mort, il attendait simplement qu’on le regarde à nouveau.
Avec Huysmans vivant, Agnès Michaux accomplit donc ce que peu de biographes osent encore : elle redonne à un écrivain non seulement une vie mais un corps, une démarche, une voix – tout ce faisceau de sensations, d’odeurs et d’humeurs sans lequel une existence littéraire reste lettre morte. Le titre a beau sembler ambitieux, voire provocateur : à l’arrivée, il est d’une justesse incontestable ; oui, Huysmans est vivant !
Le livre, ample, fiévreux, animé par une érudition qui ne pédante ni ne pontifie jamais, nous plonge dans un Paris fin-de-siècle restitué avec une précision presque atmosphérique. À mesure que l’on tourne les pages, ce n’est pas seulement un homme qui se déploie mais une époque : ses rues, ses remous, sa misère sociale, ses cabarets, ses souffrances de fonctionnaires, ses exaltations d’esthètes, ses cafés où l’on débat, ses insomnies noires et ses exaltations mystiques. Ce qui frappe d’emblée, c’est la manière dont Agnès Michaux déjoue les deux caricatures auxquelles la vie de l’auteur se trouve d’ordinaire réduite – le dandy répondant aux ors maladifs du décadentisme, puis le pénitent pour qui la voie du salut efface tout. Ici, la trajectoire est continue, sinueuse, chaleureusement humaine. Huysmans est un être de tensions, de contradictions, un homme de son temps qui pourtant le combat, un exécrateur du progrès capable d’aimer le confort moderne, un solitaire sociable, un fonctionnaire rêvant d’extases.

Cette biographie se lit parfois comme un roman de chair, d’autres fois comme le journal de bord d’une âme. Les pages disent les résistances d’un corps, les catastrophes d’un tempérament, la somnolence d’un rond-de-cuir d’administration d’où pourtant surgissent des phrases d’une beauté dangereuse. Agnès Michaux a eu l’intuition heureuse de structurer cette vie selon une trilogie qui ressemble à une respiration – Fils, Père, Saint-Esprit – non par souci religieux ou symbolique mais pour éclairer la métamorphose d’un homme que le monde n’a cessé de faire et défaire. De ce geste audacieux naît une lecture qui n’est jamais scolastique et encore moins scolaire. On se promène avec Huysmans, on marche avec lui rue de Sèvres, on sent ses agacements, ses émerveillements, ses peurs, on traverse ses crises esthétiques comme on traverse une tempête.
On retrouve aussi, et ce n’est pas la moindre des richesses du livre, la manière dont un écrivain peut devenir étranger à son propre siècle tout en le reflétant mieux que personne. Huysmans l’imprécateur nous parle encore indiscutablement et durablement parce qu’il se débattait déjà avec ce que nous appelons, faute de mieux, la modernité : l’envahissement du bruit, l’étouffement des sensibilités, la disparition des nuances dans un monde qui accélère. Sa conversion finale, loin d’être un décrochement idéologique, apparaît alors comme une ultime tentative de protéger une âme sensible trop exposée.

À l’arrivée, Huysmans vivant est plus qu’une biographie : c’est un acte de présence. Un livre qui, par ses presque sept cents pages, réussit ce prodige de rendre à un écrivain non pas la solennité mais la vie même, ses plis, ses froissements, ses contradictions essentielles. Qu’on connaisse bien Huysmans ou qu’on l’aborde pour la première fois, on en ressort avec la sensation rare d’avoir approché un être, non un monument. Loin des panthéons et des étiquettes, Agnès Michaux nous rend Huysmans comme on rend un ami qu’on croyait perdu : en mouvement, en crise, en beauté.
Il y a dans cette résurrection littéraire quelque chose qui touche à ce que nous cherchons ici, avec le Lorgnon mélancolique : un regard juste, une fidélité à l’essentiel, une manière d’habiter le monde en déchiffreur lucide. Huysmans, tel que l’éclaire Michaux, n’a jamais été aussi contemporain. C’était sans doute la seule manière de le maintenir vivant.

Patrick aime assezOn le sait, les œuvres les plus solides avancent dans le bruit du monde comme un iceberg : lentement, irrésistiblement, une part émergée offerte aux courants, l’autre – la plus essentielle – travaillant en profondeur. Le volume que consacre aujourd’hui Le Cherche Midi aux débuts romanesques de Patrice Jean appartient à cette géographie-là : un bloc de littérature mûri sous la surface, que l’on découvre soudain, massif, cohérent, étonnamment vivant.
La fin du monde avait pourtant bien commencé rassemble trois romans de jeunesse – La France de Bernard, Les Structures du mal, Revenir à Lisbonne – augmentés de nouvelles, aphorismes, chroniques et essais. Le geste éditorial pourrait passer pour un “retour aux sources” ; il se révèle surtout une mise en lumière : tout était déjà là. La satire sans vengeances, la mélancolie lucide, l’ironie sans cruauté, le sens de la langue, l’attention obstinée aux illusions collectives – cette grammaire singulière qui fera plus tard la manière de L’Homme surnuméraire.
Dans La France de Bernard, sans doute le plus jubilatoire des trois, la bêtise contemporaine défile comme sur un trottoir roulant : prêt-à-penser, progressisme de convention, existences contraintes par l’air du temps. Un Bouvard et Pécuchet d’époque festiviste, mais secoué d’une drôlerie presque physique. On y voit déjà cette vertu rare : observer sans mépriser, dévoiler sans s’ériger en juge.
Les Structures du mal prend une autre tangente : mélodrame grave, roman des renoncements intimes, architecture morale où les passions s’entrechoquent aux parois de leurs illusions. Puis Revenir à Lisbonne, roman bref et fin comme un verre d’azulejos, où satire et nostalgie se tiennent sous le même souffle. Lisbonne y est moins un lieu qu’un état second de l’âme : désir de recommencement, certitude que rien ne recommence vraiment. Même si la synthèse entre satire et tragédie est plutôt réussie (avec le surprenant contrepoint de maximes à la Gracian), certains passages d’errance et de déréliction du héros dans Lisbonne respirant le “pathos”, auraient mérité une réécriture.
L’adjonction d’aphorismes, chroniques et essais parachève la sensation d’ensemble : celle d’un écrivain pour qui écrire n’est pas remplir des pages, mais affiner un regard. Ces fragments – souvent drôles, parfois poignants, toujours aigus – rappellent la grande tradition des moralistes français autant qu’ils révèlent la part souterraine du romancier : la pensée qui tourne, patiente, décante. Ces fusées sont exquises, d’autant qu’elles sont filigranées de cette mélancolie légère dont Cioran disait qu’elle est “un état privilégié”. J’avoue que c’est la partie de l’ensemble que j’ai eu le plus de plaisir à lire et je partage totalement ce que dit du fragment Patrice Jean dans l’entretien avec Jean-Pierre Montal qui ouvre ce volume.

Ce livre, finalement, n’est pas une anthologie : c’est une summa inaugurale. Non pour célébrer un passé, mais pour donner sa juste profondeur à un présent littéraire qui, trop souvent, se veut sans mémoire. En lisant ces pages, on mesure à quel point Patrice Jean avance salubrement “à contre-courant” : il ne flatte ni les modes, ni les causes, ni la facilité. Il écrit pour préciser, jamais pour plaire. Pour éclairer, jamais pour édifier.
Loin du catastrophisme que le titre feint d’annoncer, ce recueil dit au contraire ceci : que la littérature, parfois, commence très tôt – mais qu’il faut des années pour que nous l’entendions. Et que la fin du monde, finalement, n’est peut-être que l’occasion de redécouvrir ceux qui, depuis longtemps, tentent de la comprendre, d’en tracer la généalogie.
Un livre à lire lentement.
Comme on savoure une lampe allumée dans le vacarme.

Patrick aime pas malAvec Atlantides, Vincent Jacq propose un livre d’une beauté indéniable. Beauté des lieux – Jérusalem, Angkor, la côte normande, la Toscane, Amman, La Paz, le Nil – beauté des mosaïques déterrées, des lumières levantines, des souvenirs qui affleurent comme des vestiges (“Je me souviens…”). Grand voyageur, l’auteur possède un talent rare pour saisir l’épaisseur du monde : les gestes, les odeurs ténues, les pierres, les brumes, l’air retenu des sanctuaires. Ce que l’éditrice appelle des “épiphanies” – moments de grâce ou d’humanité – ayant ponctué la carrière internationale d’un fonctionnaire des services culturels.
L’écriture, dès les premières pages, subjugue par son immédiateté visuelle.

Mais c’est précisément cette splendeur qui finit par devenir le principal écueil du livre. Atlantides souffre d’un excès esthétique, d’un lyrisme continu, saturé, où tout est beau, intense, couvert d’images et de métaphores, au point que la beauté elle-même s’émousse et finit même par “fatiguer”. Si l’on devine derrière cette profusion un auteur habité, capable d’instants fulgurants, le texte se dilue dans une onction poétique trop uniforme.
L’écriture ne varie presque jamais : elle enchante, on pourrait même dire que l’auteur “s’enchante” de sa propre prose mais n’écoute pas. Elle décrit, mais n’interroge que rarement. Elle enchâsse les scènes sans tension, sans respiration, sans cette architecture narrative qui ferait exister le projet annoncé – l’exploration des mondes recouverts, des civilisations englouties, de nos “Atlantides”.
Ce défaut devient encore plus visible avec le chapitre japonais (“Le bouquet japonais”).
Il s’agit sans doute de l’un des plus beaux fragments du livre, j’y ai retrouvé ce qui m’avait fasciné à Tokyo. C’est aussi le plus cohérent conceptuellement : le Japon y apparaît comme un miroir de ce que l’auteur voudrait pour lui-même – une esthétique du peu, de la retenue, de l’air qui circule.
Vincent Jacq y célèbre le wabi-sabi, la sobriété, l’économie du geste, l’art du presque rien. Citant un proverbe japonais, il écrit : “Trop est pire que peu.” Tout le paradoxe de Atlantides est là : ce chapitre qui exalte la légèreté, l’ellipse, la simplicité parfaite est écrit dans une prose tout aussi saturée que le reste, et tourne parfois au catalogue d’admiration culturelle.
Il y a, dans ce contraste, une contradiction révélatrice : le Japon de Jacq enseigne “le peu qui comble”, mais l’auteur n’en tire pas de conséquence stylistique.
Le chapitre devient alors un bel éloge, mais non une leçon d’écriture. Il se contente de célébrer un idéal esthétique qu’il n’applique jamais à son propre texte.
Le chapitre sud-américain (“America do Sul”) est l’un des plus vivants du livre. Le brésilianiste en moi l’a particulièrement apprécié. São Paulo, ville-chaos, y apparaît avec une vigueur impressionnante : les fleuves d’ordures, les travestis des squares, les échoppes-garages, les alarmes urbaines, les fougères poussant aux corniches des gratte-ciels, les ombres qui mangent et dorment dans la salle obscure d’un cinéma . À Rio, la plage de Copacabana se mêle à la chirurgie esthétique, la baie à la violence sourde, les marchés à la mélancolie d’un tropique sans saisons.
Ce sont des pages fortes, puissantes, sensoriellement très réussies sur un pays de contrastes, éminemment “cordial” et brutal.
Mais là encore, le style ne change pas.
Le Brésil est écrit exactement comme le Japon, comme Jérusalem, comme Angkor : même lyrisme, même solennité, même absence de variation. L’écriture, trop homogène, nivelle ce qui devrait contraster. Le chaos pauliste est ramené à la même amplitude poétique que la pudeur des jardins zen. Le regard, admirable, reste pourtant imperturbable. C’est l’impassible majesté du point de vue de Sirius où tout s’égalise.

C’est l’une des limites les plus profondes d’Atlantides. Le livre reste étonnamment homogène, quel que soit le sujet abordé : le Proche-Orient, la mer Morte, les fouilles anatoliennes, les jardins zen, les trains japonais, le souvenir des phares du Finistère. C’est un long fleuve tranquille. Le ton ne se modifie pas, la phrase reste large, ample, enveloppante ; elle ne se tend jamais pour accueillir la nuance, le doute, la faille, ou même la simple déception que le Japon lui-même traverse, sous l’humidité oppressante du Pavillon d’Or. L’accroc, le petit défaut, la verrue sur le nez sont lissés, estompés par un style appliqué, cosmétique et bienveillant.
À cela s’ajoutent des passages où l’ethnographie tourne à la généralisation culturaliste : les Arabes, les Japonais, les Chinois, les Cariocas, les Européens… “leurs” rapports au temps, “leurs” manières d’être. Ce ne sont jamais des stéréotypes grossiers, mais des essences culturelles peu interrogées. Ce n’est jamais agressif, mais souvent lustré, satiné, parfois daté. S’exprime un orientalisme involontaire, une anthropologie “humaniste” à l’ancienne, parfois belle, parfois trop simple. L’écriture, qui se veut proche du réel, bascule dans un exotisme eurocentré – problème récurrent dans le livre.
On regrette, surtout, la perte du fil directeur : les “Atlantides” ne sont jamais explorées comme concept. Le projet théorique – très fort, très prometteur – se dilue dans un assemblage de scènes magnifiques mais juxtaposées. Ce n’est plus un livre, mais une collection de fragments brillants qui ne parviennent pas à s’aimanter. Une sorte de “keepsake” pour diplomates distingués, pour messieurs du ministère de la Culture. La qualité de la prose est incontestable. La capacité de vision aussi. Mais l’ensemble donne un texte somptueux et inachevé, trop envahi par sa propre lumière pour laisser advenir l’ombre, la tension, la structure, la force d’un regard singulier – ce qui fait, en littérature, une œuvre plutôt qu’un album de belles pages. Est-il nécessaire de rappeler qu’une œuvre de valeur doit blesser l’époque – le divertissement qu’elle apporte n’est que secondaire. On devine pourtant, derrière ces excès, ces beaux miroitements, un écrivain d’une réelle profondeur, capable d’un livre majeur. Il suffirait de peu : moins de lyrisme, moins de saturation, plus d’air, plus de coupe, plus de Japon – au sens où le chapitre japonais, justement, le réclame.
À ce prix seulement, les Atlantides de Vincent Jacq cesseraient d’être un continent englouti par la beauté, et deviendraient, enfin, le livre puissant qu’elles promettent.

Huysmans vivant d’Agnès Michaux, éditions Le Cherche Midi, 2025 (25€).
La fin du monde avait pourtant bien commencé – Premiers romans et textes inédits (Aphorismes, nouvelles, essais critiques) de Patrice Jean, éditions Le Cherche Midi, 2025 (29€).
Atlantides de Vincent Jacq, éditions L’Escampette, 2025 (19€). LRSP (livres reçus en service de presse).

Illustrations : (en médaillon) photographie ©️Lelorgnonmélancolique. Dans le billet : éditions Le Cherche Midiéditions L’Escampette.

Lire ce qui n’a jamais été écrit.

  1. Christopher McAndrew says:

    Sur le billet à propos de Huysmans.

    La lecture est une illumination intemporelle. Les bibliothèques des continents vivants. Les morts-vivants de Baudelaire, c’est nous, lecteurs hantés, éveillés, déplacés par les livres que nous transportons comme des braises nocturnes, armes blanches contre la fadeur universelle.

    La crise esthétique chez Huysmans n’a rien d’une anecdote poussiéreuse. Elle révèle la dérive d’un monde qui, déjà, s’amusait à maquiller le vivant jusqu’à l’éreinter. Je pense à cette petite tortue que Jean des Esseintes couvre de pierreries comme un souverain capricieux couvre un cadavre de bijoux. Elle avance, ploie, suffoque, meurt sous le ridicule.
    Pour moi, ce n’est pas la beauté qui tue, mais la sottise humaine, cette confusion tragique et obstinée entre le décor et l’essence. On préfère l’éclat à la vérité, la brillance au souffle, et l’on finit par écraser la vie sous un vernis qui ne lui appartient pas. Un parfum aux fragrances très actuelles, n’est-ce pas, un parfum de nos jours trop sûrs d’eux, trop maquillés, trop bruyants.

    On accuse la beauté parce que c’est plus simple que de s’accuser soi-même.
    Mais la beauté ne détruit pas le vivant, elle est le vivant.
    Elle n’a rien d’un poids, elle est une montée d’air, une poussée du dedans, une verticale qui cherche son ciel. Elle ne surcharge rien, elle intensifie tout. Elle ne tue que ce qui ment, ce qui triche, ce qui porte déjà sa propre inertie. La beauté véritable libère, elle fend l’opacité, elle dévoile la source derrière l’apparence.

    Là où Huysmans voit une condamnation du réel par l’artifice, je vois un malentendu cornélien, une faute de jugement entre l’humain et ce qu’il croit embellir. Drame éclatant, duel intérieur entre le geste et son intention, entre l’apparence et l’être. Sa tempête esthétique devient une sommation, une claque donnée au monde, un moment où tout vacille et réclame soudain de revenir à la lumière juste.

    Et lorsqu’il surgit en imprécateur face au bruit, à l’étouffement des sensibilités, à la disparition des nuances dans un monde qui accélère, je reconnais cette vérité que peu acceptent d’avouer. Toute époque court vers son gouffre en prétendant courir vers son progrès. Toute époque se confronte à son devenir À rebours, à ces modernités successives qui envahissent l’horizon du vivant et étranglent lentement notre respiration intérieure. Nous croyons avancer alors même que nous trébuchons vers l’avant en funambules ivres. Et au bout du fil, peut-être seule la beauté — la vraie — nous retient-elle encore du néant devant l’éternel retour ?

    1. Patrick Corneau says:

      Votre commentaire est de ceux qui ne se contentent pas de réagir : il rallume l’incandescence du texte. Vous dites avec une force superbe ce que Huysmans avait flairé avant tout le monde : que la vraie crise n’est pas esthétique, mais anthropologique. Ce n’est pas la beauté qui pèse, écrase ou fausse – c’est la main humaine qui confond l’apparence et l’essence, le décor et le souffle, et finit par maquiller le vivant jusqu’à l’asphyxie. La tortue sertie de pierres de des Esseintes pourrait être l’emblème de nos temps : avancer sous le poids du clinquant, mourir d’avoir trop brillé pour autrui.
      Je vous rejoins entièrement : la beauté ne tue que ce qui est déjà mort en nous. Le reste, elle l’exhausse, elle l’oxygène, elle lui rend sa verticale. Si Huysmans vacille, c’est que son époque – comme la nôtre – avance à rebours d’elle-même, ivre de modernités qui rongent la respiration intérieure.
      Merci d’avoir donné à mon billet ce contrepoint lumineux : une manière de rappeler que, dans ce monde qui trébuche en feignant de courir, la beauté – la vraie – demeure peut-être la seule main qui nous retient encore du gouffre.
      🙂

Laisser un commentaire

Patrick Corneau