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Délicate affaire que celle du roman de Jean Raspail Le Camp des Saints, réimprimé sans discontinuer depuis 1973 (70000 exemplaires écoulés en trente-sept ans à raison de 1500 exemplaires par an ces derniers temps), et réédité le mois dernier par les éditions Robert Laffont, augmenté d’une préface de l’auteur intitulée Big Other, elle–même précédée d’une note de l’éditeur, Leonello Brandolini, Pdg des éditions Robert Laffont, où celui-ci déclare « Jean Raspail connaît mon opinion, qui n’est pas la même que la sienne ». Démarquage n’ayant pas échappé à Pierre Assouline qui présente « ce vieux roman » ainsi: « Il est vrai que son contenu n’est pas anodin puisque tout tourne autour de l’angoissante question ‘Et s’ils arrivaient?’ – non pas les extra-terrestres mais l’Autre, les déshérités du Sud, Indiens du Gange plutôt qu’Africains du Maghreb, un million d’émigrants à bout de souffle, débarqués sur les plages du Midi de la France, face à des indigènes occidentaux qui se demandent s’ils doivent les renvoyer chez eux, les enfermer dans des camps ou tirer dans le tas, solution qu’adoptera le dernier carré des irréductibles tandis que la population se sera réfugié dans le Nord…. C’est peu dire que la tradition d’une France terre d’asile en ressort laminée ».

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Mais pas seulement, avec une prescience indéniable, le livre pointe les maux dont souffre notre civilisation et qui provoquent son effondrement: irénisme, veulerie, bien-pensance, haine de soi, lâcheté, confusion intellectuelle… La préface, particulièrement âpre, se veut un cri d’alarme avant le « déluge »: « La pitié! La déplorable, l’exécrable pitié, la haïssable pitié! Vous l’appelez: charité, solidarité, conscience universelle, mais lorsque je vous regarde, je ne distingue en chacun de vous que le mépris de vous-mêmes et de ce que vous représentez. […] En pariant sur la sensibilité, que vous avez dévoyée, des braves gens de chez nous, en leur inculquant je ne sais quel remords pour plier la charité chrétienne à vos étranges volontés, en accablant nos classes moyennes prospères de complexes dégradants […], vous avez créé de toutes pièces au cœur de notre monde blanc un problème racial qui le détruira, et c’est là votre but. »

Jean Raspail a accordé à Bruno de Cessole un entretien dans Valeurs actuelles auquel nous renvoyons.

Sur ce sujet qui « fâche », un débat entre Manuel Valls et Renaud Camus à l’émission Répliques d’Alain Finkielkraut (« Insécurité sociale« , samedi 16 avril, France Culture).

Illustrations: Evaluations (!) par ses lecteurs du livre Le Camp des Saints sur les sites de la FNAC et Amazon.

  1. Rodrigue says:

    Ce n’est ni par culpabilité, ni même par bonté que je puis comprendre intellectuellement et être d’accord avec tous ces autres, avec lesquels rien ne me relie: aucun intérêt commun, aucune culture commune, parfois même aucune langue. C’est tout simplement qu’à l’inverse de personnes se plaçant au dessus dans la société (sans doute comme Raspail ou Assouline) je veux me rappeller toujours et toujours que je suis un être humain, donc fragile et soumis aux contingences, et qu’elles peuvent à tout moment tout simplement me tuer, et que d’ailleurs elles auront forcément le dernier mot. L’autre, c’est donc sans contestation aucune aussi moi-même. Cela ne veut pas dire devenir anonyme et médiocre. Cela veut dire essayer d’assumer totalement ce que l’on est, si possible en l’approfondissant encore. Avoir de la sympathie pour l’autre, avoir envie de l’aider cela fait partie des choses que j’aime faire, tout simplement parce qu’elles sont belles et bonnes et me font du bien. Comme partager un bon repas avec des connaissances amicales. Parfois je me demande s’il n’y a pas deux types d’individus: ceux qui se mettent à la place des autres et ceux qui les détruisent en prenant leur place. Mais c’est heureusement un peu réducteur!

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Patrick Corneau