Le titre italien du grand livre de Primo Levi n’est pas Si c’est un homme… comme cela a été platement traduit en français, mais Si c’est ça, un homme… Nuance qui introduit un léger sarcasme dans un constat justement désolé.
Si, comme disait Baudelaire, traduire « c’est donner une âme à un autre corps », encore faut-il respecter l’âme! Tradutore, traditore.

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Illustration: portrait de Primo Levi.

  1. solange says:

    Curieuse coïncidence. je reprends le livre de Georges Steiner « Passions impunies ». Au chapitre intitulé « un art exact » je lis au sujet des traductions : « Comparez le caractère domestique, granuleux, des sonnets de Louise Labé au brio saphique des versions de Rilke. Dans la grande majorité des cas, bien entendu, le dommage infligé est celui dela déperdition. Ce n’est pas une trahison vers le haut, une magnification, qui se produit, mais une simple traduction. A tel ou tel égard, le traducteur n’a pas été à la hauteur de sa tâche ». Puis plus loin, « La ritournelle de Nabokov est un résumé mordant :
    « Qu’est ce que la traduction ? sur un plateau
    La tête pâle et furieuse du poète.
    Cri rauque de perroquet, babil de singe,
    Et profanation des morts ».
    Plus brutalement, je dis que c’est du piratage que de faire parfois une telle violence à un texte, à un titre de livre.

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Patrick Corneau