Certains livres arrivent jusqu’à nous comme des revenants amicaux : avec le charme des évidences tardives et le léger remords de ne pas les avoir lus plus tôt. La Marche du scorpion d’Edward Stachura, que publient aujourd’hui les éditions Arfuyen dans la traduction de Liliana Orlowska et Laurent Pinon, est de ceux-là.
Paru en Pologne en 1977 sous le titre énigmatique Się, cet ouvrage – tenu pour le plus représentatif de son auteur – porte admirablement son mystère. Car ce petit mot polonais, presque intraduisible, désigne moins un individu qu’une manière impersonnelle d’être au monde : un « on », un « soi », un « cela se vit ». Tout le livre semble naître de là : non d’un ego qui raconterait ses aventures, mais d’une présence mobile, ouverte, traversée par les routes, les visages, les hasards, les haltes.
On pense parfois à Kerouac, à la Beat Generation, à la mythologie de la route. Et Edward Stachura, de fait, marche, part, traverse, rencontre ; il est de ces écrivains qui n’ont jamais cessé d’être dehors. Toujours prêt à sortir sa guitare pour chanter ou à prendre le premier train. Mais son errance n’a rien d’un folklore libertaire. Elle est plus grave, plus nue, presque plus pauvre au sens spirituel du terme. À mesure qu’il avance, quelque chose en lui se défait, s’allège, s’efface. Le voyage devient moins une conquête qu’un dessaisissement.
C’est peut-être ce qui rend ce livre si attachant et si singulier. La Marche du scorpion n’offre ni exotisme facile, ni sagesse de pacotille, ni lyrisme de carte postale. Il y règne au contraire une fraternité inquiète, une disponibilité profonde au monde, une manière d’aller parmi les choses et les êtres sans jamais les posséder. L’écriture d’Edward Stachura épouse ce mouvement : elle marche elle aussi, prend le vent, se laisse surprendre, fait confiance à l’instant.
Il fallait sans doute qu’un éditeur comme Arfuyen, attentif aux voix intérieures, aux lignes de crête
entre poésie, expérience et nécessité spirituelle, accueille enfin ce grand nom de la littérature polonaise. Et il n’est pas indifférent qu’Edward Stachura soit né en France, à Charvieu, avant de repartir enfant en Pologne : comme si sa vie entière avait été placée sous le signe du passage, de l’entre-deux, du séjour provisoire.
Lire aujourd’hui La Marche du scorpion, c’est rencontrer un écrivain pour qui la route n’est pas un décor, mais une épreuve de vérité. Une voix libre, fraternelle, vulnérable (il se suicide à 41 ans), qui semble nous rappeler qu’on n’habite vraiment le monde qu’à la condition de ne pas trop s’y installer.

Après cette errance nue et fraternelle, c’est vers une autre forme d’épreuve existentielle que nous conduit Camille Ruiz : non plus la route, mais l’habitation ; non plus le dessaisissement dans le dehors, mais la lente reconfiguration de soi autour d’une présence animale. Un chien arrive appartient à ces récits de déplacement intérieur où un événement minuscule agit comme un point de bascule.
Le chien arrive au Brésil, dans les années de pandémie, alors que la narratrice vit à Brasília, loin de la France, immergée dans une langue encore étrangère et dans un pays traversé par la violence politique et l’incertitude collective. Ce cadre n’a rien d’indifférent. L’éloignement géographique, la sensation d’irréalité propre à cette période, l’expérience d’une vie recommencée ailleurs installent une fragilité fondamentale : rien ne semble encore tout à fait commencer. L’arrivée de Ziggy — chiot fragile, presque perdu d’avance — vient alors donner au réel une densité nouvelle.
Le Brésil devient ainsi moins un décor qu’une épreuve d’habitation. Entre continents, entre langues, entre anciennes et nouvelles appartenances, vivre avec un animal apparaît comme une manière d’ancrer le corps là où l’esprit demeure mobile. Le chien ne comble pas l’exil : il le rend habitable.
Très heureusement, le livre évite soigneusement toute sentimentalité attendue. Ziggy n’est ni refuge ni allégorie rassurante ; il est ce qui dérange les équilibres acquis. Sa présence modifie l’attention, transforme la perception de l’espace domestique, impose un autre rythme au temps comme à l’écriture. La promenade reconfigure la ville étrangère ; la maison devient territoire vigilant ; le “je” cesse progressivement d’occuper le centre.
De cette cohabitation naît une pensée du contact. Camille Ruiz inscrit son expérience dans une constellation intellectuelle allant de Winnicott à Derrida, de Donna Haraway à Vinciane Despret, sans jamais quitter le terrain du sensible. La réflexion reste attachée au souffle du chien, au bruit des griffes sur le sol, à cette vigilance diffuse qui accompagne désormais chaque instant.
Peu à peu se révèle le véritable mouvement du livre. Écrire sur un chien revient à écrire depuis une zone instable où identité et relation se mêlent. Qui accompagne qui ? Qui observe qui ? L’animal
introduit une fissure silencieuse dans la souveraineté humaine et rappelle que le sujet se constitue dans la dépendance — faite d’attachement, d’inquiétude et de finitude anticipée. Aimer un chien, c’est déjà apprendre sa perte.
D’où la tonalité singulière de ces pages : une douceur inquiète traversée par les fantômes familiaux, l’exil, la mémoire et la conscience sourde de la mort. Le chien devient passeur entre les mondes — entre France et Brésil, langage et mutisme, pensée et corps. Non une métaphore, mais une épreuve salvatrice : celle d’habiter pleinement ce qui est là. À l’heure des existences dispersées, des consciences évaporées, Camille Ruiz montre qu’une vie peut encore se réordonner autour d’un lien concret, quotidien, presque minuscule mais hautement fiable.
Après la douceur inquiète de Camille Ruiz, changement de régime radical. Erreur de jugement d’Ariana Harwicz est de ces romans qui vous saisissent à la gorge dès les premières lignes et ne desserrent pas leur étreinte avant la dernière — un roman-torrent, bref comme un cri, dense comme une nuit sans issue.
Lisa est argentine. Elle a tout quitté pour suivre un homme en France, dans la campagne profonde du Centre-Val de Loire. L’amour a tourné à la haine, la procédure judiciaire a tranché : elle ne verra ses jumeaux qu’une fois par mois, dans un espace de rencontre supervisé, sous l’œil d’une assistante sociale prenant des notes. Un couloir administratif de l’existence. Alors Lisa fait ce que la raison interdit et que la passion commande : elle kidnappe ses enfants et prend la route, vers la mer, vers nulle part, vers l’impossible.
Ariana Harwicz — née à Buenos Aires en 1977, installée depuis plusieurs années dans la France dite “des territoires”, plusieurs fois sélectionnée pour le Man Booker International Prize — est l’une des voix les plus radicales de la littérature hispano-américaine contemporaine. Son œuvre refuse tout compromis avec le confort du lecteur. Ce qui l’intéresse, c’est l’intérieur brûlant des êtres, là où la langue ordinaire capitule.
Le roman alterne entre le tourbillon de la fuite et les réminiscences de Lisa — son arrivée en France, la belle-famille envahissante, la passion violente, la séparation —, deux zones du récit entrecoupées de dialogues téléphoniques avec Armand, l’ex-mari, qui dessinent en creux le portrait d’une relation impossible. Cette architecture fragmentée, sans chapitres, épouse exactement l’état mental de la narratrice : une pensée sous haute pression, qui ne s’arrête jamais, qui associe, accuse, se souvient et déraille avec une cohérence proprement hallucinée.
La langue d’Ariana Harwicz — admirablement restituée par Alexandra Carrasco — est à cet égard une expérience singulière. L’espagnol et le français s’enchevêtrent dans une relation de rejet et de complémentarité : « La langue française est la langue de l’ordre, l’espagnole, celle de la goguenardise. » Ce bilinguisme de l’exil n’est pas un ornement stylistique : il est la condition même de Lisa, étrangère partout, jamais vraiment comprise ni par la justice française ni par sa propre langue maternelle.
On a souvent parlé d’Ariana Harwicz comme d’une romancière de la violence et du désir. C’est vrai,
mais réducteur. Ce qui me frappe davantage ici, c’est sa façon de rendre pensable — pas justifiable, pensable — le geste extrême d’une femme que les institutions ont réduite à n’être plus qu’un dossier. Trop facile de dire qu’elle est folle : Lisa navigue à vue, sans stratégie, comme obéissant à une addiction — son cerveau saisit la seule solution qu’il voit à une douleur qui l’excède. La littérature, quand elle est à la hauteur de son ambition, ne juge pas ; elle fait voir. Et Ariana Harwicz fait voir avec une puissance rare.
On referme ce bref et fulgurant roman — 144 pages qui valent un roman fleuve — avec l’impression troublante d’avoir été, quelques heures, la complice d’une femme au bord de l’abîme. Un livre à ne pas manquer, et une occasion pour les lecteurs français de découvrir enfin l’ampleur d’une œuvre que l’Amérique latine, l’Allemagne et le monde anglo-saxon connaissent depuis longtemps.
Après le huis clos brûlant de la fuite et de la déréliction, le livre de Goulven Le Brech ouvre soudain l’espace, l’air, la durée. Du cri d’Harwicz à la promenade lente, le contraste est entier ; mais ce contraste n’est pas contradiction : il rappelle seulement que la littérature sait aussi bien épouser l’extrême tension des êtres que la fidélité patiente aux lieux.
N’entends-tu pas la mer ? de Goulven Le Brech — le titre emprunte quelque chose à l’appel, à l’interpellation presque enfantine que la mer adresse à qui a eu le bonheur de grandir dans son voisinage — est une cartographie littéraire et sentimentale de la côte nord de la Bretagne, de Saint-Malo à la presqu’île de Portland en passant par Dinard, le golfe de Saint-Brieuc, Trébeurden et Guernesey. Un périple qui est aussi un retour vers le passé de l’auteur.
Goulven Le Brech, adjoint à la direction des collections de l’IMEC, est un homme à qui la littérature n’est pas seulement objet d’étude mais matière de vie. Ses travaux antérieurs en témoignent : un essai pionnier cosigné avec Pierrick Hamelin sur John Cowper Powys (Les Perséides, 2012), puis Little Blue Books. L’histoire du plus rocambolesque éditeur du monde (L’Échappée, 2023), récit haletant consacré à Emanuel Haldeman-Julius, ce self-made-man qui depuis Girard, Kansas, révolutionna entre 1920 et 1950 la diffusion de la culture aux États-Unis en vendant par centaines de millions, à cinq ou dix cents l’unité, de petits fascicules conçus comme une “université imprimée” pour les plus humbles. D’un livre à l’autre se dessinent les obsessions constantes de Goulven Le Brech : la transmission, la diffusion des idées, et les hommes qui font du livre un instrument d’émancipation.
C’est ce même homme, archiviste et marcheur, qui nous offre aujourd’hui un livre où l’érudition se fait légère comme l’air marin et la mémoire personnelle aussi précise que les cartes postales anciennes qu’il glisse dans ses pages. L’enfance et l’adolescence de l’auteur se déroulent entre Dinard et Saint-Malo : le père muté au collège de Dinard, les matins d’hiver à prendre le car scolaire dans les rues silencieuses, le pont de la Rance et le barrage marémoteur qui peuplait les rêves du jeune garçon de visions étranges. Ces souvenirs sont portés avec une discrétion et une précision qui font toute leur puissance — on pense à ces détails d’enfance qui ne s’expliquent pas mais qui marquent à vie : la villa Belle Rive vue depuis l’embarcadère, un album illustré de Mickey, la brume de mer sur la baie du Prieuré un matin de mai.
Mais ce qui donne au livre toute sa profondeur, c’est la façon dont ces souvenirs s’articulent avec les grandes présences littéraires de la côte. Chaque chapitre déploie un nom, une figure, une œuvre. Chateaubriand et ses rivages natals ; Judith Gautier et son séjour dinardais ; Jean Grenier et les grèves de Saint-Michel-en-Grève où enfant il passa ses vacances, découvrant par la lucarne de sa chambre l’immensité de l’océan — cette vision oscillant entre rêve et réalité qui allait marquer toute sa pensée et dont il se protégera sa vie adulte en préférant les paysages méditerranéens. Louis Guilloux à Saint-Brieuc. Kenneth White dans sa maison de Trébeurden, Gwenved, où Goulven Le Brech passa une après-midi mémorable en août 2008. Victor Hugo en exil à Guernesey. Jules Lequier, ce philosophe breton presque oublié, obsédé par la liberté humaine, qui finit par nager seul vers le large dans la baie de Saint-Brieuc le 11 février 1862. Tristan Corbière et son “désabonnement universel”. Et plus loin, au-delà de la Manche, John Cowper Powys et Portland.
Ce qui fait la singularité de ce livre, c’est que Goulven Le Brech ne se pose jamais en commentateur surplombant. Il marche réellement, observe les villas, écoute le clapotis, s’assoit sur des bancs, commente avec son fils. La précision des dates et des heures (“Dinard, lundi 16 mai 2022, 11h15”) ancre chaque pérégrination dans le temps vécu, donnant à l’essai une texture bien plus riche qu’un simple journal de bord. Le passé littéraire et le présent du promeneur se superposent sans jamais tout à fait se confondre, dans cet espace intermédiaire que la Bretagne, avec ses marées qui font et défont sans cesse le paysage, semble particulièrement propice à habiter.
N’entends-tu pas la mer ? appartient à la belle lignée des livres où la littérature se fait geste — marche, attention, fidélité à un lieu et à d’attachantes figures littéraires. On le lira avec d’autant plus de bonheur qu’on connaît ces côtes, mais il n’est pas nécessaire de les connaître : le livre les crée, ou plutôt les recrée, comme ces paysages de Grenier dont Camus disait qu’ils offraient « une sorte de terre, forêts ou landes, avec des chemins bien tracés, et d’autres plus secrets ».
De l’attention au vivant chez Camille Ruiz à l’urgence vitale d’Harwicz, de la marche littéraire chez Stachura à la circulation des idées chez Le Brech, on passe avec le n°124 de L’Atelier du roman à une autre forme encore de compagnonnage : non plus seulement avec un lieu, un animal ou une conscience en crise, mais avec une pluralité de voix qui remettent les œuvres en mouvement
Ce numéro prolonge et achève un cycle particulièrement fécond : la quatrième et dernière Rencontre de Thélème consacrée à “Lire et relire Rabelais”, tenue à Chinon, avec cette belle ambition de faire entrer l’auteur de Pantagruel dans « les enjeux et les énigmes de notre monde ». Ce n’est ni un numéro de commémoration pieuse ni un exercice de révérence scolaire, mais un ensemble vivant, alerte, qui fait circuler Rabelais vers notre présent le plus aigu — celui de l’intelligence artificielle, de l’appauvrissement de la lecture, des guerres picrocholines toujours renaissantes, de l’emprise des images et de la liberté du romanesque.
Pour quelqu’un qui, comme moi, n’a qu’un subliminal souvenir “lagardemichardesque” de Rabelais, ce qui impressionne et séduit d’emblée, c’est la générosité polyphonique du sommaire. Autour de Rabelais se rassemblent Massimo Rizzante, Stéphane Kerber, Lakis Proguidis, Isabelle Marrier, Olivier Maillart, Jean-Baptiste Para, Charlotte Abramovitch, Andrea Inglese, François Taillandier, Thierry Gillybœuf, entre autres, dans un ensemble qui mêle essais, critiques, chroniques et écrits satiriques. On y parle de Rabelais, bien sûr, mais d’un Rabelais actif, déliant, revigorant : un Rabelais opposé à la “lecture faible” (très belle contribution d’Isabelle Marrier), aux prudences académiques, aux mirages technicistes, à tout ce qui raidit la langue et l’esprit.
Le charme de ce numéro tient aussi à ce qu’il ne s’enferme pas dans son dossier. À côté de la matière rabelaisienne, L’Atelier du roman propose de substantiels articles critiques, notamment sur Krasznahorkai et Papadiamantis, qui élargissent l’horizon sans rompre l’unité profonde de l’ensemble. Il faut saluer le texte d’Yves Lepesqueur, dont la fermeté critique et la liberté de ton ont quelque chose de réjouissant. À rebours de tant de dévotions académiques, il rappelle qu’en art la question de la valeur ne saurait être dissoute dans le seul commentaire d’une certaine “histoire-de-l’art” comme discours téléologique, et qu’une œuvre commence par se mesurer à l’épreuve silencieuse du regard. On lira aussi avec intérêt le texte de Marion Messina, qui s’attaque avec une liberté tout aussi revigorante à deux grandes machines interprétatives du désir amoureux, celles de Denis de Rougemont et de René Girard. Son mérite est de rappeler qu’en matière d’amour les théories les plus puissantes finissent parfois par parler à la place de l’expérience, et qu’il demeure dans le “grand amour” une part d’énigme que la théorie éclaire sans l’épuiser. Si sa charge contre Girard paraît parfois un peu rapide, elle a du moins le mérite de rouvrir le débat ; quant à sa relecture de Rougemont, plus souple et plus attentive aux métamorphoses modernes du lien amoureux, elle se révèle particulièrement stimulante.
C’est là, au fond, une des vertus les plus constantes de la revue : rappeler que le roman — et plus largement la littérature — est moins un genre clos qu’une intelligence du monde, capable de relier des œuvres, des époques, des sensibilités et des langues. Il faut donc saluer ce n°124, qui a quelque chose d’une fête sérieuse : une fête de la lecture, de la conversation, de la transmission, mais sans componction ni poussière. Dans un moment où tant de discours culturels se contentent d’ânonner le contemporain, L’Atelier du roman choisit de revenir à Rabelais non pour le momifier, mais pour le remettre en circulation, dans sa verdeur, sa liberté et sa puissance de désordre fécond.
La Marche du scorpion – Récits d’Edward Stachura, traduit du polonais par Liliana Orlowska et Laurent Pinon, Collection Le Rouge & le Noir, éditions Arfuyen, 2026 (18,5€).
Un chien arrive de Camille Ruiz, coll. « Biophilia », éditions Corti, 2026 (21€).
Erreur de jugement de Ariana Harwicz, trad. de l’espagnol (argentin) par Alexandra Carrasco, éditions Dalva, 2025 (19€).
N’entends-tu pas la mer ? Échappées littéraires en Bretagne et Outre-Manche de Goulven Le Brech, éditions Les Perséides, 2026 (19,90€).
L’Atelier du roman n°124 – « Lire et relire Rabelais (IV) », mars 2026, éditions Buchet-Chastel/Libella (22€). LRSP (livres reçus en service de presse).
Illustrations : (en médaillon) photographie ©️ Lelorgnonmélancolique. Dans le billet : éditions Arfuyen – éditions Corti – éditions Dalva – éditions Les Perséides – éditions Buchet-Chastel.
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