L’art de comprendre le rythme cosmique de création-destruction est selon Bachelard une donnée essentielle de l’imagination du mouvement, c’est aussi une des constantes qui animent l’œuvre cinétique de Susumu Shingu, « sculpteur de vent », artiste-philosophe de la nature à la fois humaniste et utopiste en lequel le philosophe japonais Takeshi Umehara voit un renouveau de l’esprit furyu, ce caractère spécifiquement japonais de « celui qui sent le cours du vent » et sait y reconnaître le changement de saison, preuve à la fois de haute culture et de sagesse: simplicité intérieure, attention aux choses simples de la vie et sensibilisation à ce qui se trouve derrière le superficiel.

<iframe src= »http://player.vimeo.com/video/57454017″ width= »514″ height= »295″ frameborder= »0″ webkitAllowFullScreen mozallowfullscreen allowFullScreen></iframe> <p><a href= »http://vimeo.com/57454017″>JARDIN DES TUILERIES : SUSUMU SHINGU</a> from <a href= »http://vimeo.com/user12404722″>GALERIE JAEGER BUCHER</a> on <a href= »http://vimeo.com »>Vimeo</a>.</p>

Le numéro spécial de La Revue Des Deux Mondes d’avril 2013 « FRANCE-JAPON, Une nouvelle histoire », honore cet artiste grâce à un bel article d’Edith de La Héronnière.

Illustrations: vidéo ©Galerie Jaeger Bucher,  5 & 7 rue de Saintonge 75003, Paris.

  1. Virginie - Le chêne flottant says:

    Cher Lorgnon, l’article d’Edith de la Héronnière est un éventail de lumière, merci.

    « Vivre uniquement le moment présent, se livrer tout entier à la contemplation de la lune, de la neige, de la fleur de cerisier et de la feuille d’érable… ne pas se laisser abattre par la pauvreté et ne pas la laisser transparaître sur son visage, mais dériver comme une calebasse sur la rivière, c’est ce qui s’appelle ukiyo ».
    http://expositions.bnf.fr/japonaises/expo/flottant/01.htm

    Ukiyo-e, image d’un monde flottant, éphémère. C’est sous cette appellation qu’apparaît, à la fin du XVIIe siècle, l’estampe japonaise. Le caractère uki, imprégné de connotations bouddhiques, évoque la tristesse du monde terrestre, celui des apparences, opposé au monde sacré et immuable.

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Patrick Corneau