Les chanteuses de jazz sont à la mode; enfin c’est une mode déjà ancienne et qui semble perdurer grâce aux vertus non pas des voix, hélas toutes formatées dans le même moule jazzy bon teint, mais d’un marketing aussi agressif que vulgaire (recette à base de pochettes glamoureuses façon pub Aubade, moulinage des standards les plus éculés qui soient avec nappage de cordes, etc.). Dans cet océan d’ennui, il arrive que nos tympans soient titillés par de l’inouï, pouvant s’avérer même inoubliable. Deux cas: le dernier disque de Patricia Barber qui confirme une discographie de qualité avec Smash (Universal Music) et, surtout, l’album Lento (label ACT) de l’exquise Youn Sun Nah, chanteuse franco-sud-coréenne à la technique étourdissante qui transpose dans l’univers du jazz des inflexions singulières comme il y en a dans la musique classique, notamment à de certains moments d’airs de Monteverdi ou de Mozart qui, comme dit le poète, « labourent la terre du cœur, qui semblent faire tourner les gonds de l’espace que tout l’être en frémit… »
De ce phénomène aussi inattendu que rare il faut vite profiter avant que ne sévisse le rouleau compresseur-égaliseur du world-merchandising.

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Patrick Corneau