En ce début d’année, après l’avidité commerciale des fêtes et le gavage plus ou moins ostentatoire des uns et des autres via les « soldes », on peut préférer à tout la simplicité des mains vides et entendre la voix de Jeanne de Vientinghoff dans ce poème en forme de prière* (rapporté par Marguerite Yourcenar dans Le temps, ce grand sculpteur):

Je voudrais, ô Dieu, pouvoir chaque matin, en élevant mon regard vers toi, t’offrir mes mains vides.

Je voudrais, loin de tout effort, n’être qu’un récepteur de la vague d’infini, et m’avancer sur les routes de hasard, poussé par le seul souffle des voix intérieures.

Je voudrais oublier ma sagesse et mes raisons, ne plus rien demander, cesser tout vouloir, et accueillir, en souriant, les roses que ta main laisse tomber sur mes genoux.

Ô parfum des choses que nous n’avons pas acquises,

Douceurs des bonheurs immérités,

Beauté des vérités que notre pensée n’a pas créées…

* dont la candeur, je ne me le cache pas, fera sourire roublards et cyniques…

Illustration: photographie de Stefan Beutler.

  1. Jan Alfonso says:

    Je me sens bien dans cet article. Gustave Thibon a écrit de belles lignes sur ce poème, des phrases terreuses sur les liens entre prière et poésie. Bien sur, Gustave Thibon défendait les valeurs éternelles. Bien sur, Gustave Thibon a trahit. Mais si les autres ont trahit, Gustave Thibon a moins trahit que les autres.
    Je me sens bien dans cet article.
    Seul.

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Patrick Corneau