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ferli2.1301034967.jpgAyant passé quelques jours à Paris à arpenter les musées, et revenant ici où la ville, tourisme oblige, se « muséifie » sans cesse davantage, j’ai pensé à la pertinence de cette remarque de Maurice Blanchot que cite Jean Clair dans son dernier essai*: « Il y a quelque chose d’insupportablement barbare dans l’habitude des musées. Ils ne sont pas le plus grand achèvement qu’une culture puisse offrir mais le préambule à des temps obscurs où l’art aura cessé d’exercer ses fonctions. » (« Le Mal du Musée » dans L’Amitié)
Selon Jean Clair, Blanchot et d’autres (De Quatremère de Quincy, Proudhon, Malevitch, Valéry, Robert Klein) ont souligné le pouvoir de falsification du musée et initié un procès qui « prend alors un sens nouveau. Il ne met pas seulement en cause le musée en tant que cimetière des œuvres mortes. Il le voit plutôt comme un hospice général où les œuvres, soumises à la délocalisation, à la laïcisation forcenée et aux outrages du temps, finissent par se mourir une fois exposées, comme à l’hôpital on finit par mourir d’affections nosocomiales, sans doute ici apportées par les millions de curieux qui laissent derrière eux les miasmes mortels de l’indifférence, de l’ennui et du sarcasme. » *L’hiver de la culture, Coll. Café Voltaire, Flammarion, 2011.

Illustration: photographie ©Lelorgnonmélancolique

  1. lignesbleues says:

    oui Lorgnon, une part de vrai, mais une part seulement. Juste deux remarques : c’est une vision quelque peu élitiste non ? Et puis, ne pourrait-on pas dire la même chose des bibliothèques ?

    L' »élitisme pour tous » de Vitez a vécu, place à la « Culture Pour Chacun » (dixit Frédéric Mittérand). Dans les bibliothèques on lit, on continue à lire… Dans les musées, j’ai peur qu’on y fasse du tourisme culturel ou qu’on y remplisse une sorte de devoir social (telle expo : « J’y étais »). La faillite de l’Education nationale à instruire et à former le goût y est pour beaucoup… 🙁

  2. Je suis féru d’art sous toutes ses formes et pourtant j’ai toujours détesté les musées et ne m’y rend presque jamais. Ces lieux sentent méchamment le formol et l’ennui , n’avez vous pas vu comme les enfants les détestent de toute leur âme enfantine? Je préfère avoir un rapport individuel avec l’oeuvre, égoïsme du spectateur.

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Patrick Corneau