hmorganlettrine2.1239980218.jpgmouse.1239982609.jpg« L’argent a pris un virage » affirme un des personnages de Cosmopolis*, le roman de Don DeLillo, « l’argent a perdu son caractère narratif de même que la peinture l’a perdu jadis ». Ces propos, écrits il y a 9 années (l’action du roman se passe en avril 2000), prennent aujourd’hui – après la crise financière – un relief singulier…
Et si l’on commençait à faire le compte de tout ce qui, autour de nous, au moment où nous sommes, « a perdu son caractère narratif », en d’autres termes s’est dissous, absorbé dans l’abstraction des chiffres? Mouvement de désincarnation porté par l’obsolescence des mots eux-mêmes qu’avait pressenti DeLillo: le portable? « Moyen empire. Il était temps de retirer le mot téléphone de la circulation » fait remarquer Packer le héros du roman, tout comme celui d’ordinateur: « arriéré et idiot! »
Nous n’en sommes pas là? Attendez la sortie de crise… The Show Must Go On.

*Cosmopolis, Acte Sud, 2003.

  1. metalogos says:

    Des mots meurent, d’autres naissent c’est plutôt bon signe. L’obsolescence du langage est bien plus dans le dicta des codes, dans les règles que nous nous imposons.
    La narration suppose une continuité, un espace pour se déployer, un espace entre proposition et conclusion.
    Mais peut être que tout a déjà été dit et qu’il est temps de conclure.

  2. Dom A. says:

    C’est si vrai, cher lorgnon, que les rappeurs de banlieues, même, n’exhibent plus leurs billets dans la rue. Ils exhibent leurs femmes, à peine, a contrario.
    Il faudrait maintenant des Prius customisées.

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Patrick Corneau