Lu quelque part cette phrase étonnante de Salluste qui, dans La conjuration de Catilina, cherche à faire un portrait de son époque mouvementée et décadente. Il énumère les turpitudes des amis de Catilina et celles de son temps dans un catalogue où défilent toutes les formes possibles de licence et de corruption; ayant épuisé les mots pour traduire cet extrême de la déliquescence sociale, croyant la trouver, il la dépasse par cette formule immortelle par sa concision: « On dormait avant d’en avoir envie ».

Un signe pour notre temps submergé par la « peopolisation ».

Illustration: « The Romans Where Here », photographie de Ross Murphy.

  1. La politique actuelle a une vertu dormitive : c’est là, le véritable opium du peuple (adjoint des invocations religieuses à tout-va, pourquoi se gêner, du président de la République).

    Un jour, la lassitude ou l’insupportable aidant, le réveil arrive : alors, il sera brutal pour les hypnotiseurs officiels.

    Merci pour ces remarques qui « actualisent » parfaitement la citation de Salluste. 🙂

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Patrick Corneau